Autres témoignages :

Les Assises Départementales

Le Diagnostic de la situation économique du Haut-Rhin

M. Jean Simon Directeur Général du CAHR

A CONSULTER :
Diagnostic de la situation économique du Haut-Rhin {PDF}
M. Jean Simon Directeur Général du CAHR
  • Ne faut-il pas repenser le modèle économique pour l’adapter à la réalité ?

Vidéo proposée par Maetvaplanet


  • Quelle est à ce jour la situation économique du Haut-Rhin ?

Nous sommes dans une situation de crise mondiale qui n’épargne pas le Haut-Rhin. Mais le département doit également faire face à la crise de l’automobile. Notre économie étant quasi mono industrielle, entraînée par l’automobile, dans ce contexte de crise, c’est toute notre mécanique qui se bloque. Le problème est à la fois conjoncturel : la crise mondiale. Et structurel : notre industrie est peu diversifiée. Nous sommes dans une situation de prospérité acquise mais nous assistons à un dérèglement des moteurs. Se pose alors le problème du modèle économique Haut-Rhinois. On s’aperçoit que notre économie est portée par deux agglomérations Colmar et Mulhouse très dépendantes des activités dites « traditionnelles ». L’enjeu réside dans notre capacité à se doter d’une réelle activité tertiaire et dans la reconversion de notre savoir-faire industriel.


  • Mais tout de même le Haut-Rhin conserve de nombreux atouts géographiques notamment ?

C’est vrai que le Haut-Rhin qui partage une frontière commune avec la Suisse et avec l’Allemagne profite des moteurs frontaliers. L’Euroairport est un bel exemple d’une coopération réussie. Le site emploie plus de 6400 collaborateurs dont une moitié de français et les capacités d’entraînement du site sont importantes. Mais la baisse du nombre de travailleurs frontaliers, la hausse des bénéficiaires du RSA sont des indicateurs révélateurs de l’usure du modèle en place. D’ailleurs depuis quelques temps, la Suisse préfère avoir recours à des travailleurs allemands plutôt que de faire appel aux français. La pratique de la langue de nos voisins est un enjeu considérable. D’une manière plus large, la maitrise de l’anglais et de l’allemand est incontournable aujourd’hui.


  • Mais le Haut-Rhin par sa situation géographique reste une terre attractive pour les investisseurs étrangers ?

Oui, le Haut-Rhin, au bord du premier fleuve commercial du monde est la porte d’entrée de l’Europe. Mais on s’aperçoit que les centres de décisions des grandes entreprises sont souvent situés à l’extérieur ce qui est une faiblesse. 1 salarié sur 5 travaille pour une firme étrangère. Nous sommes donc très dépendant des décisions qui nous échappent.


  • Le Haut-Rhin compte également un grand nombre de TPE et de PME ?

En fait, 88% des entreprises emploient 21% des salariés, ce qui veut dire que l’on compte un grand nombre de petites entreprises de moins de 10 salariés. Effectivement ces petites structures peuvent s’adapter facilement. La souplesse est un avantage mais leur capacité à se développer à l’international est limitée.


  • Alors, quels sont selon vous, les axes de travail prioritaires pour relancer notre économie ?

Je crois qu’un des enjeux les plus importants est l’ouverture linguistique. La pratique de l’anglais et de l’allemand est incontestablement la clé de notre compétitivité future. Il faut également pouvoir anticiper en tenant compte des évolutions démographiques. En 2030, la part relative des plus de 65 ans sera de 33%, c’est une donnée importante. Et je crois également que nous avons tout intérêt à unir nos forces avec nos voisins, qu’il faut chercher à élargir notre hinterland.


Site internet : http://www.allonsplusloin.com